La phénylcétonurie

Introduction

La phénylcétonurie (PCU) est une maladie héréditaire du métabolisme liée à un déficit en une enzyme chargée de transformer la phénylalanine (Phé) en tyrosine.

L’incapacité à métaboliser la phénylalanine va entraîner en l’absence de traitement, un retard mental sévère dans les formes les plus graves.

Sa prise en charge néonatale, grâce au dépistage néonatal systématique permet d’éviter l’apparition des signes cliniques et ces enfants auront un devenir normal.

 

 

La maladie

La phénylcétonurie concerne un nouveau-né sur 16000 (filles comme garçons). Ce déficit enzymatique (phénylalanine hydroxylase ou PAH) entraîne une augmentation de la Phé plasmatique et cérébrale.

La phé fait partie des acides aminés (molécules qui constituent les protéines) essentiels, c'est-à-dire qui ne sont apportés que par l’alimentation.

En l’absence de diagnostic, l’augmentation de la phénylalaninémie va entraîner un retard mental avec épilepsie et comportement autistique associé à des troubles de la peau et des cheveux.

 

On distingue 3 formes en fonction du taux de Phé plasmatique sans traitement

    - La phénylcétonurie classique : taux de Phé plasmatique > 1200 µmol/L

    - La phénylcétonurie atypique : taux de Phé compris entre 600 et 1200 µmol/L

    - L’hyperphénylalaninémie modérée : taux de Phé < 600 µmol/L

 

Les deux premières formes nécessitent un traitement pour faire baisser les taux de Phé plasmatiques afin d’éviter l’apparition de signes cliniques. La troisième forme nécessite une simple surveillance et une mise sous traitement si les taux dépassent le seuil de 600 µmol/L.

 

 

Le dépistage

Faire le diagnostic de PCU est une urgence car la mise en route précoce du traitement permet d’éviter l’apparition des troubles neurologiques qui sont irréversibles quand le diagnostic est tardif.

Le dosage a 3 jours de vie (J3) de la Phé plasmatique permet de diagnostiquer ces patients. Un petit pourcentage des patients dépistés (1 à 2%) aura une anomalie du métabolisme de la tétrahydrobioptérine ou BH4 qui est le cofacteur de la PAH. Ces patients devront être traités spécifiquement car ces déficits nécessitent un traitement associé par neurotransmetteurs.

Enfin, un petit nombre de patients avec une hyperphénylalaninémie néonatale auront une autre maladie métabolique (tyrosinémie par exemple) et la correction du diagnostic se fera à la prise en charge après le dépistage.

 

 

 

Le traitement

Comme la Phé est un acide aminé essentiel, il n’est apporté que par l’alimentation. De fait, on peut maîtriser les apports en Phé en donnant une alimentation adaptée. Le traitement consiste donc à apporter à l’enfant un régime restreint en phénylalanine au prorata de ce qu’il peut métaboliser.

Plus la forme de la PCU sera sévère, plus le régime sera restreint. Ce régime devra être très strict pendant les 10 premières années de vie, puis il pourra être relâché progressivement, mais jamais arrêté.

Il est actuellement recommandé de ne pas dépasser 300 µmol/L de Phé plasmatique avant l’entrée en 6ème, de rester aux alentours de 600 µmol/L pendant les études, et de ne pas dépasser 900 à 1200 µmol/L à l’âge adulte.

Il y a clairement une susceptibilité individuelle aux taux de Phé plasmatique, et le suivi devra être adapté à chaque patient. Ce régime doit être instauré et adapté tout au long de la vie par des équipes de diététique spécialisées.

Télécharger le document "Comment élever un enfant phénylcétonurique"

 

Depuis 2008, un traitement médicamenteux est accessible pour certains patients PCU qui y sont sensibles. Ce traitement ne marche que chez 15 à 30% des patients PCU. La sensibilité des patients doit être déterminée par un test de charge au médicament (Kuvan®). Quand la prise de ce médicament fait baisser significativement les taux de Phé plasmatique après une dose de charge, alors le traitement devient envisageable.

Une attention particulière doit être portée aux femmes PCU qui souhaitent une grossesse. En l’absence d’un régime strict et d’un contrôle métabolique optimal (taux de Phé plasmatique compris entre 120 et 300 µmol/L), il y a un risque d’embryofoetopathie dont la sévérité dépend du niveau de Phé plasmatique maternel pendant la grossesse. Les femmes PCU doivent donc être suivies et mises sous contraception.

Un régime strict devra être réinstauré avant la conception afin de permettre à la grossesse de débuter dans un contexte de contrôle métabolique strict, ce qui évitera tout risque d’embryofoetopathie pour l’enfant.

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La prise en charge

Dès le diagnostic posé, les enfants concernés doivent être vus dans un centre spécialisé qui confirmera le diagnostic de PCU ou diagnostiquera les rares cas de déficit en cofacteur.

Les enfants seront suivis par des équipes spécialisées pluridisciplinaires (médicales et diététiques). Un suivi tout au long de la vie sera nécessaire afin de s’assurer du bon contrôle métabolique, de l’absence de déficits nutritionnels et de complication à long terme en cas de relâchement du suivi.

Cette maladie est prise en charge à 100% par l’assurance maladie.

 

 

La vie au quotidien

La vie des enfants atteints de PCU est normale, si ce n’est qu’ils doivent suivre un régime contraignant à vie.

L’amélioration constante des aliments spéciaux nécessaires au régime a permis d’améliorer la vie quotidienne de ces patients de façon notable.

Leur vie sociale, affective, intellectuelle peut être considérée comme normale.

 

Rédigé par le Pr François FEILLET, CHU de Nancy (Référent pour la phénylcétonurie au sein de l'AFDPHE)

 

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